L'installation (2/2)

Enfin la suite ??? Ouai... je sais... on est en Septembre 2026, ça fait 8 mois que je suis aux US, et le blog était déjà tombé aux oubliettes dès avril 🤣 Cet article était dans mes brouillons depuis plusieurs mois, il était temps de le boucler, même si ça relate de faits passés depuis un bon moment. Donc, sans transition, on reprend où on s'était arrêté.

C'est un peu comme si on avait appuyé sur le bouton reset et qu'il fallait tout recommencer depuis le départ : papiers, banque, téléphone, permis de conduire, logement, électricité, gaz, eau, poubelles, internet, voiture, assurances... En temps normal ce sont des choses qui se font au fur et à mesure de la vie et des petits changements. Partir en expatriation, c'est faire tout ça en même temps, en quelques semaines seulement.

Heureusement, Michelin fournit un accompagnement qui permet de faciliter tout ça, de penser à tout et à la manière de l’ordonnancer. Merci aux différents intervenants : Caroline, Kathy, Allison, Kim...

Démarches administratives

La Banque

Ça, c'est plutôt facile. Il y a le credit union local, fondé il y a 50 ans par 7 employés Michelin. Un passage rapide dans leurs bureaux juste à côté du boulot, quelques documents et signatures. Et hop ! Un compte américain tout neuf en quelques minutes. Et on regarde déjà pour un crédit pour la voiture, ça permettra de faire monter le fameux credit score. Une fois le compte ouvert, c'est parti pour transférer un peu d'argent de France vers les US. Il va bien falloir acheter quelques bricoles et avoir un apport pour la voiture. J'avais ouvert un compte Wise avant de partir, ça permet de faire des transferts internationaux avec des frais plus bas qu'avec les banques traditionnelles. J'en suis plutôt content jusque là.

Numéro de sécurité sociale

Aahhh... l'administration... c'est bien un peu pareil qu'en France. Tu prends un rendez-vous plusieurs semaines l'avance. Car le numéro de sécu, c'est super important. C'est ton identifiant qui permet de débloquer plein de choses et d'autres démarches administratives (dont le permis de conduire, des crédits, ...). Mais, manque de chance, il tombe une tempête de glace et de neige, tout est fermé (cf. article précédent). Tu te retrouves le jour J avec le bureau de la sécu fermé... Bon, pas de panique (enfin si, un peu quand même) : j'appelle, j'attends... longtemps... la petite musique d'attente... plein de monde doit appeler comme les bureaux sont fermés. Puis au bout de 30 ou 45 minutes, quelqu'un répond et te dis : "oui, pas de soucis, venez demain à la même heure que le RDV initial, nos bureaux seront rouverts". Nous voici le lendemain, je m'absente du boulot, me rends à la sécurité sociale, je prends mon ticket, j'attends mon tour, qui finit par arriver assez rapidement alors que la hall est plein à craquer.

Bonjour, c'est pour une demande de numéro de sécurité sociale s'il vous plait.

Je donne mes informations et preuves d'identité.

Ah... ben je n'ai pas de rendez-vous dans le système pour vous, je ne peux rien faire, désolé... Mais je peux vous proposer un nouveau rendez-vous si vous voulez...

Après discussion, explication que j'avais rendez-vous la veille, mais qu'on m'avait dit de venir aujourd'hui comme les bureaux était fermés... Mais qu'en fait même pour la veille il n'y avait pas trace de mon rendez-vous dans leur système. Pourtant j'avais une réponse par mail qui confirmait la date quand je m'étais inscrit 4 ou 5 semaines plus tôt avant même de quitter la France.

Le 23 février, ça vous irait ?
Dans 4 semaines ??? C'est une blague, y'a pas moyen d'avoir plus tôt ? Ça bloque toutes mes démarches restantes, dont le permis de conduire, le prêt auto, l'achat d'une voiture.

Pas de négo possible, je suis reparti bredouille. Je regarde dans les bureaux des villes voisines si je peux pas trouver un RDV plus rapidement. J'en discute avec Caroline qui m'accompagne dans les démarches, mais qui n'avait pas pu venir avec moi ce jour là. Je finis par trouver une option pour la semaine suivante à Clinton, petite ville à 80 km de Greenville. Cette fois, pour sécuriser le truc, c'est Caroline qui m'y amène, on ne sait jamais.

4 février, après 45/50 minutes de route nous arrivons dans ce petit bureau de Clinton, vide de chez vide. Arrivés au guichet, on explique mon besoin, que mon précédent RDV n'avait pas fonctionné à Greenville.

Ah, ben je ne vois pas votre RDV non plus... Vous avez une confirmation ?
Oui oui, j'ai bien une confirmation pour aujourd'hui, à Clinton, à 15h20, référence XYZ123. On m'a déjà fait le coup à Greenville, c'est plus drôle maintenant... il me faut un numéro de sécu!

La dame à Clinton était bien plus gentille que le monsieur à Greenville, elle a tout à fait compris la situation et a géré ma demande de A à Z avant de me dire que j'allais recevoir la carte d'ici quelques jours par courrier. Thank you Ma'am!

Le permis de conduire

Une semaine plus tard, numéro de sécu en main, go pour le DMV (Department of Motor Vehicles), l'équivalent de la préfecture qui gérait les permis et les cartes grises avant que ce soit tout en ligne en France.

Avec mes documents justificatifs, ainsi que mon permis français nouveau format (pas le vieux à 3 volets), me voilà à faire la queue pendant plus de 2h avant qu'on appelle enfin mon numéro de ticket. Visiblement pour une demande de transfert de permis à l'international t'es pas vraiment prioritaire. Le compteur bougeait de 1 quand 10 ou 15 américains étaient appelés entre temps. Je donne mes papiers, mon permis français.

Vous n'avez pas une traduction anglaise de votre permis français ?
Euh... ben non, on m'a dit que ce n'était pas nécessaire avec cette version là du permis français qui contient la puce électronique.
Désolé, mais même avec celui-là il me faut une traduction officielle pour vérifier les informations et vous délivrer un permis américain. Si vous pouvez obtenir une traduction avant ce soir, vous pouvez revenir me voir directement sans refaire la queue.

Nouvelle discussion avec la personne qui m'accompagne ce jour là, une collègue de Caroline car elle était en déplacement. Mais finalement on finit par appeler Caroline à la rescousse, qui est étonnée car aucun des derniers expats français n'a eu ce problème. Surement une règle ou une procédure qui a changé au DMV... Elle me donne un contact chez Michelin qui est traducteur assermenté, c'est d'ailleurs notre consul honoraire de France. J'appelle donc ce contact : ouf il est au bureau et sera disponible d'ici une heure tout au plus. Parfait, le temps de revenir du DMV au bureau, de lui passer une copie de mon permis. Quelques minutes plus tard, il me donne le document traduit, ainsi que le justificatifs prouvant sa qualité de traducteur assermenté / consul honoraire de France. Même lui était étonné car ça faisait longtemps qu'il n'avait plus vu passer de demandes de traduction de permis.

Retour au DMV avec le précieux document, ouf c'est encore ouvert. Petit test de vue sur la machine, max 10 secondes, "vous pouvez lire les lettres sur la dernière ligne ?" C'est bon, je suis pas aveugle. Tout est enfin validé. Ce qui est bien, c'est l'accord entre la Caroline du Sud et la France : il y a une équivalence des permis, donc pas besoin de repasser le code ou l'épreuve de conduite. "Attendez qu'on vous appelle pour faire une photo et ça sera tout bon." Enfin un truc pratique : pas besoin d'apporter de photo, elle est prise sur place. Après une grosse demi journée d'attente et de frustration, j'ai enfin ma South Carolina's Driver License (enfin le papier temporaire, mais la carte devrait arriver dans quelques jours dans la boite). A moi la liberté !!!

Recherche de logement

Je ne vais pas rester indéfiniment dans l'appartement temporaire. Normalement je n'ai qu'un mois pour me trouver un logement "définitif".

J'avais déjà pas mal feuilleté les annonces avant de partir, pendant les vacances de Noël, afin me faire une idée ce qui se fait ici, de combien ça coute, de quels quartiers peuvent être sympa, du temps de trajet pour aller bureau (le commute). J'avais déjà fait une petite liste de critères :

  • Une maison dans un quartier résidentiel calme et pas en centre ville
  • 3 chambres, histoire d'avoir la mienne, une pour en faire un bureau / salle de musique, et une dernière pour faire une chambre d'amis.
  • Un peu de terrain avec des arbres
  • Un garage
  • Maximum 20 ou 30 minutes de commute.
  • Possiblement sur les communes de Greer ou Simpsonville, ou éventuellement le côté Est de Greenville.
  • La clim, car j'ai pas envie de bouillir avec les étés chauds et humides.

Je donne mes critères à Caroline qui va m'aider pour cette recherche, mais surtout je lui donne aussi directement les annonces qui m’intéressent. J'en sélectionne 3 : 1 sur Greenville, 1 sur Greer, 1 sur Simpsonville. Caroline y jette un œil, me confirme que c'est plutôt sérieux, dans mes critères et à un prix cohérent. Elle planifie les visites pour 2 d'entre elles et ajoute 2 autres maisons à la liste.

22 janvier, nous voila partis en balade tout l'après midi pour aller visiter ces 4 maisons.

  • 1ère maison: Greer. La maison est correcte, je n'ai pas vraiment de point de comparaison pour cette première visite. C'en est une de la liste de Caroline. C'est pas le coup de cœur, le terrain parait gigantesque avec peu (ou pas) d'arbre, le quartier parait un peu tristounet. Bon... ça fait un étalon pour la suite des visites.
  • 2ème maison: Simpsonville. Déjà sur l'annonce, c'était celle qui me plaisait le plus, et surtout aux alentours de $1,800/mois, montant que Michelin m'avait alloué initialement pour me loger (même si ça peut se négocier un petit peu visiblement). On visite avec le père de la proprio. La maison me parle bien, j'arrive à me projeter dans les différentes pièces. La chambre principale est énorme. Un garage d'une taille très correcte, un terrain avec pleins d'arbres au fond. Bref je m'y sens bien. Elle est pas neuve (maison des années 2000 environ), mais plutôt bien entretenue dans l'ensemble.
  • 3ème maison: elle n'était pas dans ma liste mais Caroline me propose d'aller voir quand même. Je ne me rappelle même plus de l'adresse, c'est vous dire. L'emplacement était vraiment nul, en bord de route plutôt passante. Aucun élément à l'extérieur pour la mettre en valeur. Le quartier sans aucun attrait le long de cette route... On se gare devant, je fais une tête bizarre, Caroline aussi, elle me dit : "On est d'accord, on perd même pas de temps à la visiter ? Désolée, j'avais pas capté que ça se situait par ici." Non merci c'est bon, j'en ai assez vu, on peu repartir directement.
  • 4ème maison: retour à Greer, une maison qui était au delà du budget initial ($2,200), mais qui paraissait quand même sympa sur l'annonce. C'était le cas, la maison était bien dans son ensemble, une cuisine plus récente, mais des chambres un peu plus petites, l'agencement me plaisait moins. Assez peu de terrain, du genre une petite terrasse bien aménagée, avec son petit coin pour faire du feu, quelques arbustes et plantes. Ce petit extérieur avait l'air assez cosy. L'avantage, quasi pas de pelouse à entretenir. Mais, finalement en comparant le rapport qualité / prix par rapport à celle de Simpsonville, ça me paraissait un peu cher pour aller négocier une augmentation de l'allocation ($400 par mois de plus quand même).

Donc on reste sur le double coup de cœur : coup de cœur initial à l'annonce, coup de cœur lors de la visite. Je vais donc habiter à Simpsonville (n'en déplaise à Marge et Homer). Quelques jours sont nécessaire pour finaliser le bail. On est parfait niveau timing. J'avais l'appartement jusqu'au 14 février. Je récupère les clés de la maison le 10 février. Sachant que mon container n'est pas encore arrivé, la maison sera meublée temporairement. 13 février, livraison du kit standard de meubles, ustensiles de cuisine, de salle de bain, électroménager, etc... pour survivre en attendant la livraison des mes propres meubles et affaires, qui sont encore en France à cette date et attendent le bateau.

Le container finira par arriver environ 1 mois plus tard, le 20 mars. Une équipe de 3 personnes pour tout décharger et déballer dans les bonnes pièces. Je me transforme en chef des travaux avec ma petite liste, à cocher tous les colis un par un lorsqu'ils sont sortis du camion et pour indiquer dans quelle pièce les déposer.

Le container, arrivé à bon port. C'est un petit format, il parait tout petit sur ce gros camion

Tout se passe bien, tout est là, en super état, pas de moisissure, ça n'a pas pourri, pas de casse. Enfin si, juste un plat en porcelaine arrivé en 2 morceaux, mais c'est pas bien grave. Je craignais autrement plus pour les 2 synthés, le clavier, les 2 basses. Mais franchement rien à redire, tout était nickel.

Bon cet article étant déjà suffisamment long, je laisse pour un peu plus tard la recherche de la voiture. Enfin, des voitures, car il y a eu un peu de changement depuis février finalement.