Partir vivre à l'étranger ?

Partir vivre à l'étranger ?
Photo by Rocker Sta / Unsplash

Avouez-le, vous n'auriez pas parié ? Et pourtant... Je me surprends moi-même parfois.

Tout est parti d'un bref échange informel avec mon chef, il me semble fin avril 2025 (ou était-ce début mai ?). Il m'informe alors que Mike, un collègue aux États-Unis, va prendre un nouveau poste et quitter l'équipe au début de l'été.

Ma réaction, c'est d'abord la surprise ! Mike est un pilier de l'équipe américaine : son départ va bousculer un peu l'organisation. Je m'inquiète un peu pour les projets sur lesquels je travaille avec lui actuellement, car il a repris des sujets autour de la téléphonie depuis le départ de Mac, notre expert dans le domaine, un peu plus tôt au mois de mars. Bref, je me rassure en me disant que nous devrions arriver sur la fin de ces projets aux US d'ici l'été.

Puis, presque immédiatement, une question me vient en-tête : y a-t-il déjà des pistes pour sa succession ? Je veux dire, le poste ne peut pas rester vacant. Donc, ni une ni deux, je la pose à mon chef. A cet instant précis, j'ai l'impression d'avoir fait un saut dans le futur et d'entrevoir la réponse avant même qu'elle n'arrive :

On a bien une petite idée... mais on n'est pas sûr qu'elle te plaise.

OK, donc c'était bien ça : c'est pour ça qu'il me parle du départ de Mike en personne et pas avec le reste de l'équipe.

Est-ce que tu serais prêt à partir aux États-Unis pour 3 ans ? Nous sommes convaincus, avec l'équipe de direction ici, que tu as les capacités pour prendre le poste là-bas. Il faut encore qu'on en discute avec l'équipe aux US et avec le service du personnel, mais si une expatriation est envisageable, ce serait une belle opportunité pour une expérience très enrichissante.

Ah ! Et ben... comment dire... c'était pas dans mes plans. Mais je me dis que je ne peux pas répondre dans l'immédiat. Ni OUI, ni NON. Un temps de réflexion s'impose, ce n'est pas une décision facile quand on n'y a jamais réfléchi. D'un côté, si l'opportunité se confirme, ce serait vraiment dommage de la manquer. De l'autre, il va falloir identifier tout ce que cela implique, tant personnellement que professionnellement. C'est un vrai changement de vie, temporaire certes, mais 3 ans c'est à la fois court et long. Temporaire, mais qui risque de me changer durablement.

Ça tombe bien, le mois de mai arrive, avec son lot de jours fériés, de weekends à rallonge. De quoi laisser le temps à l'introspection, alors que je n'ai pas trop l'habitude de cet exercice.

Le mois de mai se passe, je dors moins bien, je me retourne le cerveau dans tous les sens pour essayer de prendre une décision raisonnée. Mieux vaut éviter un choix sur un coup de tête sur une pareille question.

Mais pourquoi vouloir quitter ses petites habitudes alors que tout se passe bien actuellement, pour partir dans un autre pays où il faudra presque tout reconstruire ?
Je vais pouvoir perfectionner mon anglais, ça c'est top.
Et l'équipe au boulot avec laquelle je m'entends super bien ? Suis-je prêt à quitter ça ? Et puis, comment les collègues vont m'accueillir aux US ?
Bon après, c'est pas Rendez-vous en Terre Inconnue, je connais déjà l'équipe, on travaille plus ou moins régulièrement ensemble, je suis déjà allé là-bas 3 fois une semaine ces 3 dernières années.
Et qu'est-ce que je vais faire de mon appartement à Clermont ?
Va falloir faire une liste des coins à visiter aux Etats-Unis.
Ah noooon, mais... et la Clio RS !! Je vais quand même pas la vendre ?!
Et puis comment la famille et les amis vont prendre cette décision ? Loin de moi l'idée de les abandonner, mais je serai loin...
...

Juin arrive, et petit à petit, l'idée de partir prend de plus en plus de place dans ma tête. Après tout, "on n'a qu'une vie" comme on dit. Bien qu'il reste encore plein d'inconnues, je me dis qu'il serait dommage de refuser une telle opportunité qui ne se représentera peut-être jamais. Ça n'empêche pas la poursuite du questionnement, mais en y travaillant, les réponses vont bien apparaitre.

Alors, ne jamais dire "JAMAIS" 😉