Les Clio
Partir en expat aux US avec Michelin, c'est partir avec ses affaires dans un container maritime (les affaires hein... pas le bonhomme). Sauf certaines choses qu'il est impossible d'apporter : entre le courant électrique différent, les normes différentes, le coût du transport, ce qui est pris en charge par l'entreprise ou non.
Je dois laisser une bonne partie de mon électroménager ou autres équipements électriques : frigo, micro-onde, machine à café, lave-linge, télé... tout ça va rester à l'appartement qui sera mis en location, ou bien en stockage chez les parents ou la sœur. Je comptais apporter mon système hifi ou encore l'ampli de basse, mais non... raté. Pas compatible 110/120 volts. Le vélo à assistance électrique, non plus... Pas autorisé dans le bateau à cause de la batterie. Celui-ci partira donc en gardiennage chez Thibaut.
Et puis, j'ai 2 voitures : les Clio. Et ça, ben ça part pas aux States non plus. Entre la non homologation des marques françaises aux US, la non prise en charge par l'entreprise, le coût et les démarches administratives pour un hypothétique import, les ennuis sur place pour l'entretien (pas de réseau Renault, pas de pièce de rechange...). Il faut se faire une raison : il va falloir se séparer de ces 2 voitures.
Alors oui, il existe des alternatives :
- les stocker : mais une voiture qui ne roule pas, c'est une voiture qui s'abime.
- les laisser à quelqu'un qui les fera rouler : mais pour faire ça bien, dans les règles, niveau papier et assurance, ça rajoute des complications.
- les vendre : la solution la plus simple, et avec l'avantage de constituer un apport pour acheter une auto américaine une fois sur place.
Donc, c'est parti pour la 3ème option : vendre mes voitures.
La Clio 3 RS (Red Bull Racing, n°95)
Pour celle-ci, je me suis posé la question très longtemps : vendre or not to vendre. Il s'agit de ma première auto sportive, et pas n'importe laquelle : une de celles qui ne se font plus... les bombinettes. Une citadine, boostée aux hormones avec un moteur 2.0L atmosphérique et un châssis aux petits oignons réglés par Renault Sport en personne, pour un prix ultra compétitif. D'ailleurs, elle était assemblée en France à l'usine Alpine de Dieppe !
Son destin était pourtant de la conserver le plus longtemps possible, car elle finira peut-être collector un jour. Témoin d'un passé révolu, où consommer 10 litres aux 100 en ayant le pied léger tout en dégageant 200 grammes de CO2 par kilomètre n'étaient pas impossible, ou presque désormais interdit ; si elle sortait aujourd'hui, la Clio 3 RS phase 2 serait plombée par un malus écologique de plus de 75 000 € 😱 Ça pique pour une petite voiture qui se vendait autour de 25 000 € neuve. Qui mettrait 100 000 € dans une simple Clio ???
Mais outre l'aspect collector, c'était vraiment le côté plaisir de conduite, que dire, de pilotage au volant de cette auto. Un vrai kart, collé au sol, qui ne prend aucun roulis dans les virages même en y allant fort. Un moteur, pas un monstre de puissance avec ses 203 chevaux, mais qui était assez rageur avec une sonorité bien sympa. C'est simple, pour que ça marche, le meilleur régime c'est entre 5500 et 7500 tours par minutes. Une boite de vitesse bien étagée, courte. Une vrai voiture de rallye ! Et puis zut, une version numérotée "Red Bull Racing" (c'était la n°95), avec le châssis Cup, les baquets Recaro, les jantes en 18 pouces, noire avec quelques petits éléments jaune Sirius, le damier sur le toit. Pour tout dire, je suis tombé amoureux au premier regard en 2013. J'étais parti la chercher dans les Alpes avec Thibaut, un joli périple en train depuis Clermont, puis au retour, derrière le cerceau. Plus de 12 ans de vie commune.


Renault Clio 3 RS (phase 2) - Red Bull Racing / RB7 - 2.0L 203ch
Et puis la vie fait que finalement, ça se passe pas comme prévu au départ. Donc, il faut s'en séparer. Pour le coup cette partie de l'histoire sera plutôt courte :
- 27 octobre : je pose la Clio Red Bull au garage pour faire la révision et changer la courroie de distribution en vue de la vente. Je prends une voiture du prêt.
- 28 octobre : je reçois un appel du patron du garage. "Elle n'est pas encore prête, probablement demain soir, je vous tiens au courant. Mais dites, j'ai entendu dire que vous souhaitez la vendre ? (oui j'avais glissé le mot à l'employé qui l'avait prise en charge la veille) Elle m’intéresse beaucoup et je peux vous faire une offre tout de suite et je vous fait cadeau de la facture pour les travaux.
- 30 octobre : de retour au garage avec la voiture de prêt, je repars finalement à pied ! Après avoir fait monter un petit peu l'enchère, affaire conclue, vente au garage en direct. Je m'en sors pas si mal ; je la revends environ 2 500 € de moins que son prix d'achat plus de 12 ans plus tôt. Sans avoir repassé le contrôle technique, sans risque d'avoir des soucis après la vente puisque c'est un garage qui la reprend, sans avoir eu à gérer des réponses farfelues à une annonce, des négociations impossibles, un risque de mauvais payeur...
Simple, rapide, efficace. Et en prime, une charge émotionnelle liée à la séparation moindre, tellement ça s'est passé vite.
La Clio 5
Bon la Clio 5, c'était plutôt la voiture de tous les jours. Initialement prise en LOA pour 4 ans, mais dont j'avais levé l'option d'achat pour la conserver, vu la hausse du prix des voitures durant ces 4 années. Celle-ci, même si je l'aimais bien, cela ne me dérangeait pas de la revendre.

Sauf qu'elle n'était pas en état clinique :
- Un rétroviseur cassé pendant son stationnement dans la rue, je l'avais fait remplacer au bout d'un moment quand même (le scotch menaçant de rompre).
- Juste au moment de remplacer ce satané rétroviseur, voila que je me précipite un peu trop lors d'une manœuvre chez ma sœur, trop près du mur, boite auto un peu sèche en marche arrière, un peu d'inattention : MUR 1 - CLIO 0. Aile droite bien défoncée, pare choc avant abimé du même côté, jante frottée... Aïe, ça chiffre la carrosserie. Tellement que je me suis dit, on verra pour réparer ça plus tard... ça n’empêche pas de rouler.
- Puis quelques coups de portières ou rayures (merci les parkings et les rues étroites)
- Et pour couronner le tout, victime du gang des voleurs de losange Renault avec caméra de recul, arraché du coffre...
Procrastination, pas envie de faire les travaux, pas envie de gérer une petite annonce pour la vendre. Très bonne expérience avec la Clio RS en la vendant à un garage professionnel : je me dis que je la ferai reprendre par un pro au dernier moment. Michelin prend en charge une location de voiture pour les 3 semaines avant le départ en expat. Donc la vente aura lieu 3 semaines avant le départ environ.
Le garagiste qui m'avait repris la Clio RS ? Je lui ai montré, il m'a sorti un prix qui voulait clairement dire "j'en veux pas de celle-ci". Inutile de tenter une négociation vu le prix de départ.
Je tente donc chez les loueurs / vendeurs de voitures multi-marques qui font aussi des reprises en l'état, sans condition d'achat d'une nouvelle en contre partie. Et tant que le prix de reprise était à au moins 5 chiffres, c'était OK pour moi. Le premier qui me répond, Aramis Auto, me propose tout pile 10 000 €, le 30 décembre. Banco, je la pose le 31 décembre et j'encaisse sans négocier en me disant que c'est pas si mal (même si pas extraordinaire pour une voiture si peu kilométrée) et que j'aurais galéré à revendre en l'état à un particulier. Et si c'était pour la revendre 4 000 € de plus, mais après avoir dépensé plus de 3 000 € de frais de carrosserie et d'entretien, le jeu n'en valait pas la chandelle.
31 décembre 2025 : je suis officiellement sans voiture ! Enfin si, celle de location (une Clio pour changer) pour les 3 semaines à venir.
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